Pourquoi nos langues nationales sont une richesse, pas un obstacle

Pendant longtemps, l’idée a circulé qu’apprendre dans sa langue maternelle freinait la réussite scolaire. Au Burkina Faso comme ailleurs en Afrique, beaucoup de familles ont cru qu’il fallait choisir entre la langue de la maison et la langue de l’école. Cette opposition est un faux dilemme. Les recherches en sciences de l’éducation montrent au contraire que les enfants qui apprennent d’abord à lire et à écrire dans une langue qu’ils comprennent acquièrent plus vite les compétences de base, et transfèrent ensuite plus facilement ces acquis vers une seconde langue.

Le mooré, le dioula, le fulfuldé, le gulmancema et les dizaines d’autres langues parlées sur notre territoire ne sont pas de simples outils de communication quotidienne. Elles portent une vision du monde, des savoirs agricoles, des codes sociaux, une mémoire collective. Quand un enfant apprend dans sa langue, il ne reçoit pas seulement un contenu : il se reconnaît dans ce qu’on lui enseigne. Cette reconnaissance est un puissant moteur de motivation et de confiance en soi.

Valoriser nos langues, ce n’est pas tourner le dos à la modernité ni au français. C’est construire des fondations solides. Un élève qui maîtrise sa langue maternelle à l’écrit dispose d’un socle cognitif sur lequel toute la suite de son parcours pourra s’appuyer. C’est cette conviction qui guide l’action de DELAN : faire des langues nationales non pas un frein, mais un tremplin vers une éducation de qualité, équitable et enracinée dans nos réalités.

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